Jamais la photographie nâa Ă©tĂ© aussi accessible, aussi performante, aussi techniquement maĂźtrisable. Autofocus chirurgical, capteurs ultra-dĂ©finis, logiciels capables de corriger, dâoptimiser, de sublimer presque tout. Et pourtant⊠jamais le regard nâa semblĂ© aussi fragile, ne trouvez vous pas ?
Un paradoxe sâinstalle : Ă mesure que la technique progresse, quelque chose se perd. Une prĂ©sence. Une intention. Une respiration. Et si, Ă force de vouloir bien faire, on finissait par ne plus vraiment voir ? đ§
1. La confusion entre maĂźtrise technique et vision
La technique ne serait elle pas devenue une fin en soi. Pire : un critÚre de légitimité ?
Tout est juste⊠mais peut ĂȘtre vide ? La photographie devient alors un exercice de conformitĂ© :
« Est-ce que câest correct ? » au lieu de « Est-ce que ça dit quelque chose ? »
Le regard pourrait sâeffacer derriĂšre la procĂ©dure.
2. Photographier avec la tĂȘte plutĂŽt quâavec les yeux
Est-ce nous,photographes regardons encore vraiment ?
N’anticipons-nous pas trop ?
La scĂšne nâest plus vĂ©cue, elle est optimisĂ©e mentalement avant mĂȘme dâĂȘtre ressentie. C’est bien d’un cĂŽtĂ© de savoir se projeter, anticiper, mais la maitrise ne serait elle pas de faire le maximum Ă la capture, justement en fonction de notre ressenti ? Prendre le temps de ressentir ? Capter ? đ
Le risque :
On ne photographie plus ce qui est lĂ ,mais ce que lâon projette pouvoir fabriquer ensuite.
3. Lâobsession du contrĂŽle : tout maĂźtriser, tout lisser
La technique moderne adore le contrĂŽle. Et le contrĂŽle dĂ©teste lâimprĂ©vu.
Or, ce qui fait une image forte, ce nâest pas la perfection.
Câest souvent :
La technique cherche Ă corriger. Le regard, lui, accepte et tĂ©moigne d’une rĂ©alitĂ©.
4. Le regard naĂźt du silence, pas de la performance
Le regard ne se dĂ©crĂšte pas, il Ă©volue sans cesse, et murit. Il ne sâachĂšte pas avec un boĂźtier plus cher ou un plugin de plus.
Il apparaĂźt quand :
Beaucoup de grandes images naissent avant lâappareil photo. Dans un instant de suspension. La technique parle fort.

Le regard, lui, parle doucement.
5. Replacer la technique Ă sa juste place
Attention, je ne dis pas que la technique est lâennemie, mais je pense qu’elle doit ĂȘtre une servante, pas une directrice artistique đ . Elle devrait :
Quand la technique devient invisible, le regard peut enfin apparaĂźtre.
6. Photographier moins, voir plus
Peut-ĂȘtre que la solution est simple, et difficile Ă la fois đ :
Une photographie forte ne dit pas :
« Regarde comme câest bien fait »
Elle dit :
« Regarde⊠tout simplement »
7. Conclusion
La technique ne tue pas le regard par excĂšs de puissance. Elle le tue quand on lui abandonne la dĂ©cision, je pense que le regard doit ĂȘtre un choix, un positionnement intĂ©rieur, plus encore une forme de prĂ©sence au monde.
Mais paradoxalement, plus la technique progresse, plus le regard peut devenir rare et donc précieux.
Peut-ĂȘtre que, dans un monde dâimages parfaites, la vraie radicalitĂ© consiste simplement Ă voir encore.
VoilĂ , c’Ă©tait ma petite philosophie du jour đ€ ! Merci de votre visite et lecture, n’hĂ©sitez Ă en lire plus dans ma catĂ©gorie philosophie de la photographie, voyager un peu dans mes galeries.
Bien photographiquement,
David








